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Maria Clark is a Anglo-French visual artist and performer. She lives and works in Paris. 
Her current research is based on the question of life process and borders on the themes of insularity, human scale, territories and body limits (man-animal, male-female, inside-outside,…).
She uses her own body as her main medium. Her media are multiple: video, film, photo, objets, drawing, painting, writing … Action Art and installations are also a large part of her practice.
She exhibits and performs in France and abroad since 2003 (Germany, Spain, Israel, United Arab Emirates, Italy, New Caledonia, Czech Republic) and obtains in 2013 the Art and Culture price (« Premio per la Cultura – Pentagramma d’Oro ») by the Fondazione Premio Galileo 2000 in Florence (Italy).
Working also as a life model, she founds the Coordination of the Art Models association and publishes the essay À bras-le-corps (plâtrière éd ., 2012), a perambulation between her posing sessions and her performative works. She also develops a research on the questions of the model, the skin-envelope, presence and imprint.
Some publications of articles and audiovisual realizations.

She actually works on various SETS. Each element of the Set can be removed  (or pass from a set to an other), and new elements can be added. The shape of the sets is thus variable in space and in time, allowing the work not to be definitive and to be constantly in process.
 7 current sets: DOMESTIC ANIMALITY, EPIDERMIK, IMPREGNATED, EROS, CHILDHOOD, ARCHIPELAGO, VEGETAL BODIES.

Mon très cher corps

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Mon très cher corps,

Ce que j’aime avant tout chez toi c’est ta présence. Ton engagement au monde, de l’ici et maintenant.
Tu es constitué de chair, c’est un fait: tu as une masse, un poids, un contour. Mais ton intensité, elle, ne se mesure pas.
Je t’expose régulièrement au regard des autres, de mes alter ego, tel un miroir. Tu es dénudé ou vêtu, simplement là, empreint de toute ta complexité. Humain, quoi. À la fois singulier et universel, tu proposes des attitudes ordinaires, extraordinaires, une démarche, un style, en équilibre sur le monde.
Ta forme est plutôt lisible, tonique, musclée. J’aime chez toi certaines parties; et d’autres me plaisent moins. Mais pourquoi te détailler alors que tu formes un tout tissé par des réseaux multiples et invisibles, et que c’est cela, ce « corps du vivant », qui m’importe – avec ses failles, ses interstices, ses incertitudes.
Cher corps, tu te poses pourtant et je t’ancre, tel un pilier. Ton rôle est celui de soutien. Tu es là pour me conduire, pour accompagner le processus artistique, afin d’approcher le réel, un réel plus épais que celui que l’on perçoit de prime abord. Je te donne à manger de ce principe de réalité dans ce qu’il est de plus dense. Ainsi tu recueilles et impulses l’action; celle d’autrui et la tienne. Cette conscience vient peut-être du fait que tu as été nourri de soleil et que tu as parcouru la garrigue pieds nus de long en large alors que tu étais encore haut comme trois pommes?
Cher corps, avant toute chose, tu es libre. C’est la clé de ta puissance, cette liberté-là, corps et esprit compris. Je ne t’ai jamais scindé de l’esprit, sache-le. Et c’est ce qui fait notre force je crois. 
Ce sentiment de liberté est la condition même de ton existence, même s’il est parfois difficile d’échapper aux idées reçues, aux carcans induits par toutes ces images qui te rappellent quotidiennement que tu vieillis. Et si tu te dérobes parfois un peu plus avec l’âge, si le contexte environnemental te fait du mal car tu prends tout trop à cœur et à corps, je tâche d’accueillir cette douleur qui t’assaille. Je fais ce que je peux dans le monde tel qu’il est.
Cher corps, tu es mon minimum du faire, mon essentiel. C’est notre respiration qui nous nourrit, c’est elle qui te détend. Ce mouvement intérieur, ces flux qui nous organisent et qui transpirent par tous les pores de ta peau font ce lien indispensable entre ton dehors et ton dedans. Ils te relient aux autres. 
Tu es mon île; et tu prends ainsi place dans notre archipel.
Cher corps, je ne t’ai jamais vraiment mis au travail – tel qu’on l’entend communément- , ou très peu. Je t’ai mis à l’œuvre. Tu es mon instrument, mon incarnation, mon empreinte. Je t’ai créé un espace d’existence, loin du bruit et des foutaises, dans un espace qui m’est cher: l’espace de la création. Je te remercie de m’envelopper; et de représenter, à ta manière, l’élan de vie qui est en chacun de nous.

Maria Clark, artiste-plasticienne, modèle vivant.
Les Cévennes, 27 février 2018
http://www.mariaclark.net


films

Le Modèle vivant déplié (2017)

durée: 45 min.

À partir de six entretiens de modèles de profession en activité, ce film compose le portrait d’un métier méconnu et le débarrasse de ses idées reçues. Sont évoqués ici les différentes pratiques de la pose en atelier, son histoire, son contexte, les questions d’espace, de nudité et de temps, ainsi que les spécificités de cette activité. Le ton de chacun est libre, profond, direct, quotidien et le film nous dévoile, de façon inédite, un style et un choix de vie, une façon de se penser, de penser son corps, de penser le monde. Le modèle vivant est bien vivant, et il s’inscrit dans l’art d’aujourd’hui.
Avec les tėmoignages de Rodion Pavlovski, Annie Ferret, Déborah Wydrzynski,
Vincent Pons, Christophe Lemée, Gaëlle Durand.

À partir du 24 novembre 2017, le film sera projeté dans les ateliers et ailleurs, avec débats, échanges divers, poses… plusieurs options sont possibles!
Contactez-moi si vous souhaitez accueillir ce projet dans votre lieu.

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Chimera (2010)

5 min 50. Vidéoprojecteur ou moniteur.

WIP-Villette – parcours d’art contemporain CARNE
Festival Les uns chez les autres (Paris), 2010

En 2008, les britanniques ont autorisé la création d’embryons homme-animal crées à partir d’une cellule humaine et d’un ovocyte animal (les premiers « cybrides » sont crées en mars de cette même année à Newcastle après l’autorisaton de la HFEA- Human Fertilisation Embryology Autority). Chimera, un être hybride, est passé au travers des mailles de la législation qui impose que les embryons soient détruits au plus tard au bout de quatorze jours…

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Anatol du pays des pierres (2001)

Super 8 numérisé, 17 min. Projection cinéma.
LIRE LE TEXTE INTÉGRAL >>

Rencontres interntionales Paris-Berlin, 2003.
Rencontres d’art contemporain de Cahors, 2010.

Dans le ventre de Lili, Anatol reprend le fil de son histoire oubliée: l’histoire de l’Arménie.
Anatol (du pays des pierres), ce sont deux personnages, en plans fixes, en pensées. Un murmure incessant. La fille mâchouille un chewing-gum, le garçon fume une cigarette. Tous deux pensent et parlent (en voix-off), de loin, comme quelque chose d’enfoui, d’une Arménie qu’ils ne connaissent pas. L’une découvre, l’autre continue d’oublier. C’est la voix d’un enfant qui insuffle à la fille (Lili) son état visionnaire : l’enfant lui parle en arménien, et décrit l’Asie mineure d’avant le génocide.